Financement
Comment préparer un dossier investisseur
Un bon dossier suit l’ordre d’une vraie conversation : ton projet en une phrase, le problème, tes chiffres réels, ton modèle, ce que tu demandes et à quoi ça sert, ton équipe, puis les risques. Et avant d’envoyer quoi que ce soit, calcule ce que tu cèdes : la valorisation et la dilution se simulent.
· 6 min de lecture · Par l’équipe Blitz Connect

Avant le dossier : où en es-tu vraiment ?
Un investisseur qui ouvre un dossier cherche d’abord la traction. Commence par situer honnêtement ton projet sur cette échelle :
- Idée validée : le projet est cadré, rien n’est encore vendu.
- Prototype : une première version existe, testée mais pas encore vendue.
- Premiers clients : des clients paient déjà, en petit nombre.
- En croissance : le chiffre d’affaires progresse mois après mois.
- Rentable : l’activité couvre ses charges et dégage un résultat.
Sois exact : un investisseur qui découvre à l’appel que le stade était surévalué arrête là. Vérifie aussi ta forme juridique : les investisseurs prennent des parts d’une société, le plus souvent une SAS, la forme qu’ils connaissent. Une micro-entreprise n’a qu’un seul titulaire et ne peut pas accueillir d’associé.
Les sept chapitres d’un dossier qui se lit
Un dossier n’est pas un formulaire, c’est un entretien. Son ordre suit celui d’une vraie conversation avec un investisseur, et les chiffres viennent tôt : les donner au troisième chapitre plutôt qu’au dernier évite les dossiers bavards et vides.
1. Ton projet
Son nom, sa nature (plateforme ou logiciel, business physique, vente en ligne, service aux entreprises, marque de produits…), ta ville, et surtout l’accroche : ce que tu fais, en une phrase, sans superlatif. C’est la phrase qui décide si un investisseur ouvre ton dossier ou passe au suivant.
2. Ce que tu résous
Le problème d’abord : décris une situation que vit ton client, pas un marché. Puis ta solution, très concrètement : ce que le client reçoit, comment, en combien de temps. Ce qui te distingue : un point, un seul, vérifiable. Et la taille du marché : un chiffre et sa source valent mieux qu’un grand nombre sans origine ; si tu ne sais pas, dis ce que tu as observé sur ta zone.
3. Où tu en es
Les chiffres réels, même petits, surtout petits : depuis combien de mois tu vends, ton chiffre d’affaires réalisé sur les douze derniers mois (pas prévu), ton revenu mensuel récurrent s’il y en a, le nombre de clients payants, et ta croissance mensuelle sur les trois derniers mois. Zéro vente, c’est une réponse acceptable ; un chiffre gonflé, non.
4. Comment tu gagnes de l’argent
Trois phrases suffisent : ce que tu factures, à quelle fréquence, et ce qu’il te reste après les coûts directs.
5. Ce que tu cherches
Le montant, justifié par ce qu’il finance plutôt qu’un chiffre rond. La contrepartie : une part du capital (l’investisseur devient associé, la formule la plus courante), un prêt rémunéré, ou un pourcentage du chiffre d’affaires pendant une durée définie. La part du capital cédée et la valorisation, si c’est une entrée au capital. Et l’usage des fonds, une ligne par poste avec son pourcentage : c’est la partie que les investisseurs lisent le plus attentivement.
6. Qui tu es
Un investisseur mise sur des gens avant de miser sur un plan. Ton rôle ; ce qui te rend légitime, c’est-à-dire ce que tu as déjà fait qui ressemble à ce projet, plus que ton diplôme ; si tu es à temps plein ; et tes associés, une ligne par personne. Réponds franchement sur le temps plein : « non » se rattrape, un mensonge non.
7. Ce qui peut mal tourner
Trois risques, une ligne chacun, et ce dont tu as besoin en dehors de l’argent : un carnet d’adresses, un profil à recruter, un accès à un réseau de distribution. Un dossier sans risque n’est pas rassurant : il est incomplet, et tout investisseur le sait. Un dossier qui nomme ses risques passe mieux qu’un dossier parfait.
Valorisation et dilution : calcule avant de dire oui
Un investisseur qui « prend 25 % » n’achète pas tes parts : la société en crée de nouvelles. Ton pourcentage baisse, c’est la dilution. C’est normal, à condition de l’avoir calculé avant de signer.
La dilution, pas à pas
La société compte 100 parts : 50 pour toi, 50 pour ton associé. Pour donner 25 % à un investisseur, elle émet 33 parts nouvelles, soit 133 parts au total. Tes 50 parts passent de 50 % à 37,6 %. Tu n’as rien vendu, mais ton pourcentage a fondu.
| L’investisseur propose | Ta boîte vaut, après l’argent (post-money) | Ta boîte vaut, avant l’argent (pre-money) |
|---|---|---|
| 100 000 € pour 25 % | 400 000 € | 300 000 € |
Si ces montants te paraissent sortis d’un chapeau, c’est souvent qu’ils le sont : la valorisation se négocie. Simule aussi ce que devient ta part si un tour identique arrive dix-huit mois plus tard, et fais relire les documents de la levée par un avocat avant de signer.
Protège ce que tu montres
Avant de révéler tes chiffres et ton plan, fais signer un accord de confidentialité : il protège ce que tu révèles avant un partenariat, une levée ou une mission. Ne mets dans ton dossier aucune donnée sensible, sur toi ou sur d’autres personnes (santé, vie privée). Et pour tes associés, n’indique que des personnes d’accord, prévenues que leur nom, leur rôle et leur parcours seront transmis.
Les erreurs qui font fermer un dossier
- Un stade surévalué, découvert à l’appel.
- Des chiffres prévus présentés comme réalisés.
- Une accroche pleine de superlatifs.
- Un grand nombre pour le marché, sans source.
- « On est plus sérieux » en guise de différence : ce n’est pas vérifiable.
- Un montant rond, sans dire ce qu’il finance.
- Aucun risque nommé.
Questions fréquentes
Quelle forme de société pour lever des fonds ?
Une société, puisque les investisseurs prennent des parts : le plus souvent une SAS, la forme que les investisseurs connaissent. Une micro-entreprise n’a qu’un seul titulaire et ne peut pas accueillir d’associé.
Comment calculer sa valorisation pre-money et post-money ?
Divise le montant investi par le pourcentage cédé : 100 000 € pour 25 %, c’est une valorisation de 400 000 € après l’argent (post-money). Retire le montant investi pour obtenir la valorisation avant l’argent (pre-money) : 300 000 €.
Faut-il parler des risques dans son dossier ?
Oui. Un dossier sans risque n’est pas rassurant, il est incomplet, et tout investisseur le sait. Nomme trois risques, une ligne chacun, et dis ce dont tu as besoin en dehors de l’argent.
Blitz Connect
Passe de la lecture à l’action
Les parcours de l’Academy, Blitz AI qui rédige tes contrats et tient tes devis et tes factures, et des entrepreneurs pour avancer avec toi : tout pour lancer ta boîte, au même endroit.


