Statut et fiscalité
Comment choisir son statut d’entreprise en 2026
Seul, avec peu de frais et l’envie de tester : la micro-entreprise suffit presque toujours pour démarrer. À plusieurs, avec des frais lourds ou des investisseurs en vue, il te faut une société : EURL ou SASU si tu es seul, SAS ou SARL à plusieurs.
· 7 min de lecture · Par l’équipe Blitz Connect

Trois mots qu’on mélange souvent
- La forme juridique : qui est l’entreprise. Soit toi directement (l’entreprise individuelle), soit une société, une « personne » à part entière (EURL, SASU, SARL, SAS).
- Le régime social : comment tu cotises pour ta santé et ta retraite, et sur quoi : sur ce que tu encaisses, ou sur ce que tu te verses.
- Le régime fiscal : comment ton activité paie l’impôt : sur ton chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire, ou sur ton vrai bénéfice.
La micro-entreprise, qu’on appelle encore souvent « auto-entreprise », est une entreprise individuelle aux régimes social et fiscal simplifiés : tu cotises un pourcentage de ce que tu encaisses.
Deux familles : toi, ou une société
Dans une entreprise individuelle (EI), l’entreprise, c’est toi. Pas de capital, pas de statuts à rédiger. Depuis 2022, ton patrimoine personnel est séparé automatiquement de ton patrimoine professionnel : en cas de dettes professionnelles, les créanciers ne peuvent saisir en principe que tes biens professionnels. Il y a des exceptions : la fraude, les manquements graves, ou une caution personnelle signée pour un prêt.
Une société est une personne à part entière, dont tu es associé, et souvent dirigeant. Il faut rédiger des statuts, déposer un capital (un euro suffit légalement), publier une annonce légale et tenir une vraie comptabilité.
La micro-entreprise en 2026 : les chiffres
Pensée pour démarrer, tester une idée ou exercer à côté d’un emploi ou de tes études. Les chiffres de 2026 à garder sous la main :
| Ce qu’il faut savoir | En 2026 |
|---|---|
| Plafond de chiffre d’affaires par an | 203 100 € en vente de marchandises, 83 600 € en services |
| Cotisations sociales, sur ce que tu encaisses | 12,3 % en vente, 21,2 % en services commerciaux ou artisanaux, 25,6 % en libéral |
| Franchise de TVA (pas de TVA à facturer) | Jusqu’à 85 000 € de ventes, 37 500 € de services par an |
| ACRE, l’aide au démarrage | 25 % de cotisations en moins au début, pour les créations depuis le 1er juillet 2026, à demander dans les 60 jours |
| Coût de la création | Gratuit, sur formalites.entreprises.gouv.fr |
Le revers : tes frais ne se déduisent pas. Pour ton impôt, l’État considère que 71 % de tes ventes de marchandises partent en frais (50 % en services, 34 % en libéral). Si tes vrais frais dépassent ce pourcentage, la micro te coûte plus cher qu’un régime au réel. Autre limite : une protection sociale légère, surtout pour la retraite.
Les plafonds se calculent au prorata la première année. Les dépasser une année ne te fait pas sortir du régime ; deux années de suite, tu passes au régime réel au 1er janvier suivant.
EURL ou SASU : la société à toi seul
Les deux sont des sociétés avec un seul associé : toi. La grande différence, c’est ton statut social de dirigeant.
| EURL | SASU |
|---|---|
| Tu es travailleur indépendant (on dit aussi TNS) | Tu es assimilé salarié |
| Des cotisations moins chères sur ta rémunération | Des cotisations plus chères sur ta rémunération |
| Une protection sociale plus légère | Une protection proche de celle d’un salarié, sans l’assurance chômage |
| Tu paies un minimum de cotisations même si tu ne te verses rien | Pas de rémunération, pas de cotisations |
| Une partie des dividendes peut supporter des cotisations | Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, seulement la fiscalité des revenus du capital |
| Pour qui : tu veux te verser une rémunération régulière au meilleur coût | Pour qui : tu veux de la souplesse, des dividendes, ou accueillir des associés plus tard |
Dans les deux cas, la société paie l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice. En 2026 : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour une petite société qui remplit les conditions, 25 % au-delà. Il faut tenir des comptes et établir un bilan chaque année : compte souvent entre 1 000 et 2 500 € par an pour un expert-comptable.
Et l’entreprise individuelle au réel ?
C’est la même entreprise individuelle, mais tu paies tes cotisations et ton impôt sur ton vrai bénéfice, frais déduits, avec une vraie comptabilité. Une option quand les frais sont lourds et qu’on veut rester seul sans créer de société.
SAS ou SARL : quand vous êtes plusieurs
Une micro-entreprise n’a qu’un seul titulaire. Dès que vous partagez l’entreprise (les bénéfices, les décisions, la propriété), il vous faut une société.
- La SAS : une grande liberté pour écrire vos règles dans les statuts (qui décide, comment on vend ses parts, comment on accueille un investisseur). Le président est assimilé salarié. C’est la forme que les investisseurs connaissent.
- La SARL : un cadre fixé par la loi, plus rigide mais rassurant. Un gérant majoritaire cotise comme un indépendant, souvent pour moins cher.
- Dans les deux cas : un capital librement fixé, une responsabilité limitée à vos apports, et un pacte d’associés fortement conseillé. On en parle dans notre guide pour bien s’associer.
Quel statut selon ta situation
Tu te lances seul
Dans la grande majorité des cas, la micro-entreprise est le bon point de départ : gratuite, rapide, sans risque si l’activité ne décolle pas. Trois situations font exception : tu vises dès le départ plus que le plafond, tes frais sont très lourds, ou tu veux faire entrer des investisseurs.
Tu vends en ligne
E-commerce, achat-revente sur Vinted ou eBay, boutique Shopify : la micro-entreprise en vente de marchandises est faite pour démarrer, avec 203 100 € de ventes par an avant le plafond et pas de TVA à facturer jusqu’à 85 000 €. Tout est détaillé dans notre guide Vinted, eBay et Leboncoin.
Tu vends tes services
Freelance, conseil, coaching, design, ménage, livraison : la micro-entreprise est souvent idéale, car tes frais sont faibles. Surveille deux chiffres : le plafond de 83 600 € par an et la franchise de TVA jusqu’à 37 500 €. Si tes clients sont des particuliers, passer à la TVA revient à augmenter tes prix de 20 % ou à rogner ta marge : anticipe-le.
Tu ouvres un commerce physique
Bail commercial, travaux, stock, prêt, parfois des salariés : les frais sont lourds et la banque demande une structure solide. La société (EURL, SASU) est le choix le plus courant, avec un expert-comptable dès le départ. Un stand sur les marchés peut démarrer en micro. Certaines activités demandent un diplôme ou une autorisation (alimentation, alcool, coiffure, bâtiment) : vérifie la tienne sur le site Entreprendre de service-public.
Ta situation personnelle compte aussi
- Salarié : tu peux créer ton entreprise à côté. Vérifie que ton contrat n’a pas de clause d’exclusivité, et ne fais pas concurrence à ton employeur.
- Étudiant : tu peux être micro-entrepreneur pendant tes études. Entre 18 et 25 ans, tu peux demander l’ACRE.
- Demandeur d’emploi : parle à France Travail avant de te lancer. Selon ta situation, tu peux garder une partie de tes allocations, ou en recevoir une partie en capital, et demander l’ACRE.
Les erreurs classiques
- Créer une société « pour faire sérieux » avant d’avoir le moindre client.
- Rester en micro avec 80 % de frais : tu cotises sur de l’argent que tu ne gagnes pas.
- Choisir la SASU pour « ne pas payer de cotisations » sans te verser de rémunération : pas de cotisations, pas de protection.
- Oublier de demander l’ACRE dans les 60 jours.
Quand passer de la micro à la société
On ne passe pas en société pour faire sérieux, mais quand les chiffres le disent : tu approches du plafond (tu peux le dépasser une année, pas deux de suite), plus de 71 % de tes ventes partent en achats et en frais (50 % en services), tu veux t’associer ou lever des fonds, tu recrutes, tu empruntes ou tu signes un bail. Si deux signaux ou plus s’allument, vois un expert-comptable : le 1er janvier est souvent le moment le plus simple pour basculer.
Questions fréquentes
Peut-on créer une micro-entreprise en étant salarié ?
Oui. Vérifie que ton contrat de travail n’a pas de clause d’exclusivité, et ne fais pas concurrence à ton employeur. La création est gratuite, en ligne, sur le guichet unique.
Combien coûte la création d’une société ?
Statuts, dépôt du capital, annonce légale et immatriculation : compte quelques centaines d’euros de frais. Le capital est libre (un euro suffit légalement), puis la comptabilité coûte souvent entre 1 000 et 2 500 € par an avec un expert-comptable.
Peut-on changer de statut plus tard ?
Oui. Beaucoup commencent en micro-entreprise et passent en société quand l’activité grandit : tu crées la société, tu y transfères ton activité, puis tu déclares la cessation de ta micro sur le guichet unique.
Les sources officielles
- Choisir son statut (Bpifrance Création)
- Les plafonds de la micro-entreprise (service-public)
- L’ACRE (service-public)
- Le guichet unique des entreprises
Les chiffres et les règles changent de temps en temps : les sites officiels font foi. Ce guide informe, il ne remplace pas le conseil d’un professionnel pour ta situation.
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